Pourquoi on a du mal à respirer en flexion arrière ( surtout avec les bras tendus)?
- Carolus Marbachus
- 30 janv.
- 4 min de lecture
Les flexions arrières, il y a celles et ceux qui adorent (souvent parce que le dos est naturellement plus souple).... Et puis il y a TOUS les autres… dont je fais partie !
Respiration coupée, sensation de pincement, inconfort, besoin de longues préparations : si vous vous reconnaissez, rassurez-vous, c’est normal 😄. Mais avec l’expérience répétée, ça peut s’améliorer ! On découvre de nouveaux espaces pour respirer, on se renforce, et on rassure le corps.
Pendant le mois de décembre, avec le cours " on fait pas dans la dentelle" ( dispo sur la vidéothèque) nous avons notamment travaillé ensemble plusieurs backbends.

... et notamment entre une flexion arrière debout :
avec les mains sur les hanches
avec les bras tendus derrière
vers le drop back
Pour la grande majorité des personnes, le moment où les bras se lèvent est celui où l’inconfort apparaît : la respiration devient difficile (voire impossible) : comme si lever les bras bloquait soudain la flexion arrière.
Il y a plusieurs raisons anatomiques et neuro-respiratoires à ce blocage au moment précis où les bras montent. Je vous ai tout détaillé en 4 points 🤓
1. Ce qu’il se passe dans la cage thoracique
Quand les bras montent :
les omoplates montent et tournent vers l’extérieur
les côtes supérieures sont tirées vers le haut
la cage thoracique se fige facilement en inspiration haute

👉 Faites l’expérience maintenant : assis, respirez tranquillement, observez l’espace disponible pour votre souffle. Puis levez les bras et recommencez.
La respiration devient plus thoracique, plus limitée.
Or, dans une flexion arrière (et encore plus dans un drop back), nous avons besoin de mobilité des côtes vers l’arrière, pas vers le haut. Lever les bras encourage souvent l’inverse : une verticalisation du thorax.
2. Le diaphragme perd de la liberté
Quand les bras montent, les muscles accessoires de la respiration (scalènes, sternocléidomastoïdiens, pectoraux) s’activent davantage (parce qu’ils ont des attaches sur les côtes, le sternum ou la clavicule). Le diaphragme descend alors moins librement, et la respiration devient plus courte et superficielle.

( rappel : le diaphragme est le muscle principal de la respiration, il fait 70–80 % du travail respiratoire au repos. D'autres muscles, dits accessoires aident à soulever la cage thoracique. (surtout en effort, stress, postures intenses)
Pourquoi ? Parce que la cage thoracique est déjà placée dans une position proche de l’inspiration maximale. Les côtes étant « en haut », le diaphragme a moins de marge disponible et se rigidifie au lieu de s’abaisser.
Or, pour pour inspirer, le diaphragme se contracte et descend. Cette descente :
augmente le volume de la cage thoracique
crée un appel d’air dans les poumons
permet une respiration plus ample et plus calme
PROBLEME : Lorsque le souffle se bloque, le corps peut interpréter cela comme une situation instable ou insécurisante !

Sur cette vidéo, vous voyez par exemple une élève qui a un mini moment de panique ( mais continuez de lire, l'histoire finit bien !)
3. Le système nerveux entre en jeu
Flexion arrière + bras en l’air + perte de repères visuels + perspective de chuter vers l’arrière : le combo est très stimulant pour le système nerveux. 🚨 🚨
Même si tout est maîtrisé, le corps peut envoyer un message simple et instinctif : «attention, danger potentiel ».
La réaction de protection est alors logique : tension, blocage du souffle, retenue. Revoilà Alexandra, pour sa deuxième tentative. On a rassuré son système nerveux, on a respiré, on a recommencé juste après, et c'était bon 😇

4. Biomécanique : bras et extension ne font pas toujours bon ménage
Les bras au‑dessus de la tête mobilisent fortement les épaules, cela engage le grand dorsal, les pectoraux et certaines chaînes fasciales.
Ces structures peuvent tirer les côtes vers l’avant et vers le bas, limitant l’extension thoracique arrière ( surtout si la mobilité d’épaules n’est pas très libre).

Donc: lever et tendre les bras peut mécaniquement réduire la flexion thoracique disponible.
En résumé:
Pour bien assimiler toute cette histoire, rien de tel qu'un récap:
1️⃣ La cage thoracique se fige Quand on lève les bras, les côtes supérieures et le sternum montent… du coup le dos s’ouvre moins vers l’arrière.
2️⃣ Le diaphragme se sent un peu coincé Il descend moins librement, et la respiration devient courte, haute… normale, pas de panique !
3️⃣ Le corps se protège Flexion arrière + bras en l’air, perte de repères visuels… notre système nerveux est en alerte. Tension et souffle bloqué sont juste des réflexes naturels.
4️⃣ Un petit truc de biomécanique Lever les bras engage les épaules et certaines chaînes musculaires qui peuvent peut tirer les côtes et limiter l’extension thoracique arrière. C’est ainsi 🤷♀️
Petits conseils et rappels, pour toutes les flexions arrières:

À l’inspiration : je crée de l’espace, j’ouvre la cage thoracique et je déploie le souffle.
À l’expiration : je vais vers l’arrière. L’expiration rassure le système nerveux et permet au diaphragme de remonter, ce qui libère la pression abdominale et rapproche les côtes.
Une fois dans votre amplitude maximale, on cherche simplement à maintenir un petit souffle continu, pas besoin de respirer plus fort.
Et pour le drop back : tendre les bras dès le départ de la flexion, c’est plutôt niveau avancé. En général, on s’économise et on tend les bras au dernier moment 🤓








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