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L’effet Dunning Kruger touche tout le monde !

Tu ne connais peut-être pas le nom des psychologues qui ont décrit ce phénomène, mais tu as sans doute déjà entendu l’expression : « La culture, c’est comme la confiture, moins t’en as, plus tu l’étales ».


Le biais cognitif de Dunning-Kruger, c’est en gros quand quelqu’un est "trop novice pour se rendre compte qu’il est novice". C’est l'exemple typique de l’oncle au repas de famille, persuadé de mieux gérer l’économie du pays que le ministre des Finances après avoir lu trois articles sur Facebook...

Mais… c’est aussi toi, et c’est aussi moi ! 😉

L’autre jour, je me demandais pourquoi certains élèves brûlent les étapes que j’ai pourtant bien détaillées ...

(comme par exemple l'étape 2 du jump through que j'explique pourtant toujours en 3 temps!).

En discutant avec mon mari (mon guru du quotidien), il m’a dit : « C’est simplement de l’enthousiasme, avec un brin de naïveté. C’est l’élan du débutant ! ».


Et il a raison. Sans cette illusion bénie que « c'est facile », est-ce qu’on ne se découragerait pas avant même d’avoir commencé ? Si je repense à mes propres débuts, je me prenais presque pour une Queen du Yoga, j’étais tellement fière de moi et emballée par la nouvelle passion que je venais de découvrir… alors que je ne faisais rien d'exceptionnel et que c'était même plutôt hasardeux ! 👑


(moi en 2018)

Notre cerveau nous joue des tours. D'ailleurs, au milieu d'un footing la semaine dernière, j'ai tenté un Human Flag (la planche latérale sur poteau) au culot, juste après avoir vu un tuto YouTube par hasard.

( la meuf s'y croit lol )

Je me suis dit : « Okay, j'ai capté le truc, en un an de travail j’en serai cap si je le voulais ». Une fois rentrée à la maison et face à la réalité anatomique de la posture… j’ai compris que j’étais en plein dedans :  cette incompétence bienheureuse et inconsciente🤦‍♀️ ! Car en vrai, je n'ai sans doute aucune idée de tout le travail que requiert cette posture. Dans l'euphorie de la découverte, on s'amuse dans l'eau chaude du bord de plage, car on ne sait pas encore que l'océan est profond!


Alors, dans l'apprentissage, comment gère-t-on ce piège de l'esprit ? Comment passe-t-on de l'enthousiasme naïf du débutant à la conscience du pratiquant éclairé ?


J'ai schématisé toute cette aventure à travers la célèbre courbe de Dunning-Kruger appliquée au yoga (avec les 4 grandes phases par lesquelles on passe tous obligatoirement).  

 


 Voici comment elle se traduit sur notre tapis :


  1. Le pic de la confiance (L'incompétence bienheureuse) : On découvre le yoga, on comprend les bases d'une posture et on se croit invincible. La confiance est au maximum, alors que la vraie compétence technique est encore ras les pâquerettes.

  2. La vallée du désespoir : On commence à approfondir. On réalise l'immensité de ce qu'on ne sait pas, et la complexité de ce qui est demandé. La confiance s'effondre, on se dit : « Je n'y arriverai jamais ».

  3. La remontée (Le chemin de l’éveil) : On travaille dur, on pratique avec régularité et on accumule de vraies connaissances. La confiance remonte lentement, mais cette fois, elle est basée sur du concret et de l'expérience.

  4. Le plateau de la sagesse (L'expertise) : On a acquis une belle maîtrise. Paradoxalement, on sait que le sujet est infini, donc on reste profondément humble. Les experts ont d'ailleurs tendance à douter davantage et à chercher constamment à apprendre.



Entre l'enthousiasme naïf du débutant et l'humilité de l'expert,

le chemin sur le tapis est une sacrée aventure !


Et si tu es professeur et que tu me lis : ce biais nous rappelle qu'il faut s'armer de patience. Notre rôle est de laisser le temps à l'élève de faire son propre chemin, accepter qu’il soit parfois sur sa petite montagne de confiance, et ensuite de l'accompagner avec bienveillance lorsqu'il traversera la délicate vallée du désespoir.


🌸🌸🌸

Mes quelques conseils pour une belle transition vers la maturité du pratiquant éclairé :

1. Cultiver l'esprit du débutant

Pour ne pas tomber dans le piège du "faux expert", il faut garder une posture de novice toute sa vie. Il faut donc accepter de ne pas savoir et intellectualiser le fait que chaque réponse apprise va soulever dix nouvelles questions...


2. Se confronter doucement à la réalité

Le pic de confiance s'effondre souvent de manière brutale (la fameuse "vallée du désespoir"). Pour que cette transition se fasse sans douleur et sans découragement, il faut introduire des feedbacks réguliers et bienveillants :

·       Se filmer ou se regarder : Rien ne brise plus l'illusion que de se voir objectivement. On réalise le décalage entre le ressenti interne et la réalité...

·       Chercher des mentors : Pratiquer auprès de personnes qui ont des années d'avance permet de garder les pieds sur terre. L'expert n'est pas là pour rabaisser, mais pour montrer la beauté du chemin qui reste à parcourir.

3. Valoriser les micro-progressions

Quand on réalise l'immensité de ce qu'on ne maîtrise pas, le risque est d'abandonner. Il faut donc fragmenter l'apprentissage. Au lieu de viser la maîtrise absolue d'un art complexe, on célèbre la compréhension d'un détail précis (l'engagement d'un muscle, le placement d'un appui, la régularité d'un souffle).

C'est donc aussi se détacher du résultat : Se concentrer sur le geste, l'action ou la respiration à l'instant T, plutôt que sur la validation extérieure .

4. Normaliser l'erreur

L'erreur ou la perte d'équilibre ne doivent pas être vécues comme des échecs ou des moments de honte, mais comme des données techniques indispensables pour s'ajuster.


Conclusion : cultivons un enthousiasme curieux, celui qui nous fait dire avec joie qu'on ne maîtrise pas encore tout, mais qu'on adore explorer le chemin ! 🤩

 

 

 
 
 

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